
LE REPUBLICAIN : Les 4ème Rencontres interprofessionnelles de la justice ont démarré le 9 mars 2010, au CICB. Placée sous le thème : « La profession d’Avocat face au défi du renouveau de la justice », cette rencontre devait permettre aux professionnels du droit de revisiter la profession d’avocat à la lumière des difficultés rencontrées au quotidien dans la saine distribution de la justice.
« Notre justice est malade de ses acteurs ». C’est par cette phrase sans équivoque que Me Seydou Ibrahima Maïga, bâtonnier de l’ordre des avocats du Mali, a introduit ses propos à la cérémonie de l’ouverture des 4ème Rencontres interprofessionnelles de la justice. Selon lui, en acceptant de signer le Pacte pour le renouveau de la justice, tous les acteurs s’étaient engagés à balayer devant leurs portes. Mais, il a estimé que cela n’est pas possible sans de telles rencontres qui permettent à chacun de savoir son rôle et ses limites. Pour sa part, Christian Idrissa Diassana, Directeur national de l’administration de la justice, a rappelé que les Rencontres interprofessionnelles de la justice réunissent régulièrement les professionnels de la justice dans un exercice si peu évident de la critique et de l’autocritique. Selon lui, la quatrième session, après les huissiers et les notaires, va inviter les professionnels du droit à tourner leurs regards vers les avocats. « Qui est donc ce professionnel si célèbre ? Comment exerce-t-il son ministère ? Quelles sont les charges que lui impose la loi ? Sa déontologie et ses rapports avec sa clientèle ? », sont autant de questions de Christian Idrissa Diassana qui doivent avoir des réponses, sous la houlette des communicateurs comme Me Seydou Ibrahim Maïga, bâtonnier ; Me Hamidou Diabaté, avocat, député à l’Assemblée nationale, ancien magistrat et ancien ministre de la justice et Mahamadou Boiré, Procureur général près la Cour Suprême. Pour sa part, Maharafa Traoré, ministre de la justice et garde des sceaux, a estimé que les avocats représentent l’une des professions les plus prestigieuses, mais aussi les plus difficiles de l’environnement judiciaire. « L’avocat est devenu tellement nécessaire à la société où les rapports sociaux ont tendance à se judiciariser de plus en plus, qu’on le compare volontiers à un médecin : il faut en avoir un comme l’on a son médecin », a-t-il déclaré. Mais, vu que l’avocat est contraint à l’improvisation, parce qu’il travaille sous pression, le ministre s’est demandé si cela doit le dédouaner de toute responsabilité. Mieux, il s’est demandé s’il fallait faire l’impasse sur les irrégularités voire les fautes qu’il commet et s’il fallait laisser le client à la merci de son conseil. En plus de la question de la mise en œuvre de la responsabilité de l’avocat et tant d’autres, ce sont autant de problèmes qui doivent avoir des réponses à l’issue de deux jours de réflexions.
Assane Koné
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