5ème Edition « Café Jeunesse » : Le volontariat en question

Lundi, 15 Mars 2010 15:13

L’INDICATEUR DU RENOUVEAU : En quoi consiste le volontariat ? Quel rôle les jeunes doivent-ils jouer face au défi de citoyenneté ? Pour ce numéro de mars 2010 de cet espace d’échanges, la jeunesse était face aux anciens pour débattre de leur participation au développement de la nation par les vertus de l’engagement et du don de soi.

« Jeunesse, Volontariat et Développement », tel était le thème du 5ème numéro de « Café jeunesse » organisé jeudi dernier à la Maison des jeunes sous la présidence du ministre de tutelle, M. Hamanne Niang, avec la participation des représentants de la 3ème vague du Programme jeunes volontaires de l’APEJ.

Autour du modérateur Amadou Konaté, on notait la présence sur le plateau du représentant du Programme des volontaires des Nations Unies, M. Thomas d’Aquin Yameogo, de M. Adama Dembélé, chargé de mission au ministère de la Jeunesse et des sports, de Amadou Ombotimbé, représentant le CNJ-Mali, et de l’ancien ministre de l’éducation, M. Adama Samassékou, ancien président de l’Académie Africaine des Langues (ACALAN).

De l’avis du premier intervenant, de façon générale, le concept de volontariat fait appel au don de soi, un engagement de l’individu à servir son pays de manière volontariste. Partagent cette définition, M. Dembélé a ajouté que cette forme de sacrifice a longtemps existé en Afrique traditionnelle, notamment en milieu jeune, où elle se traduisait dans le maintien de la sécurité dans le village, les grands travaux concernant le développement de la communauté. Le président de l’ACALAN n’en dira pas moins. Pour l’ancien ministre, il est important d’établir la différence fondamentale entre le volontariat tel que perçu chez nous et la signification qu’elle revêt ailleurs. En d’autres endroits, dit-il, il s’agit de jeunes issus de pays nantis qui décident d’aller sous d’autres cieux pour mettre leurs compétences au service d’autres nations plus nécessiteuses. C’est ainsi que, explique M. Samassékou, on parlera de volontaires du PNUD, de la Croix Rouge, du Corps de la Paix, etc.

Parlant de la participation des jeunes au développement de leur pays par cette approche volontariste, le représentant du ministère de la jeunesse, M. Adama Dembélé, a mis l’accent sur plusieurs initiatives développées par le département, dont la plus importante a été le lancement en 1996 d’un vaste programme de 3 ans visant le déploiement de 300 enseignants dans les écoles du Nord et du District de Bamako. Bientôt, a-t-il promis, un autre programme volontariste du même genre verra le jour.

Au niveau Conseil National de la Jeunesse du Mali, les membres ne sont pas en reste quant à la participation au développement. Du moins si l’on en croit son représentant, M. Amadou Ombotimbé. Qui cite l’initiative de son organisation dans la construction de la Maison des jeunes de Kangaba, la pavage d’une rue à Magnambougou, l’opération de plantation de plus de 200 pieds de cocotiers sur l’Avenue de l’OUA, la participation du CNJ-Mali à la lutte contre la crise acridienne, aux vacances citoyennes organisées par le ministère de la jeunesse à travers des dons de sangs, etc.

En clair, pour les représentants du ministère de la jeunesse et du CNJ, la jeunesse malienne contribue de façon remarquable au développement de son pays.

Le ministre Hammane Niang, qui a exprimé tout l’intérêt qu’il accorde à un tel espace d’échanges entre les jeunes et les aînés, a souhaité que le débat soit transporté vers d’autres localités du pays. Ensemble nous pourrons révéler le défi du développement, a-t-il lancé.

Rappelons que « Café jeunesse » est organisé par la Maison des jeunes en partenariat avec le Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ-Mali). Cet espace vise à « créer une synergie d’actions entre les jeunes d’ici et d’ailleurs afin de contribuer au processus d’intégration, à travers la communication et les échanges sur les différents maux dont souffre l’humanité en général et la jeunesse en particulier ». « Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre de la stratégie II de l’axe II du Programme National de Promotion de la Jeunesse, portant sur le développement de canaux de communication à l’intention des jeunes », expliquent les initiateurs de l’émission. Pour qui « Café jeunesse » se propose de faire partager aux participants et observateurs une vision plus juste, celle d’une jeunesse responsable et participative au développement social, culturel, économique et institutionnel. Bref, pour ses organisateurs, il s’agit d’un concept à la fois unique et novateur, et l’espace se veut un médium d’échanges socioculturel et institutionnel entre les jeunes du pays et ceux de la diaspora.

Issa Fakaba SISSOKO