Santé

Maternité à moindres risques en milieu rural :

Lundi, 15 Mars 2010 14:49

22 SEPTEMBRE : Une expérience probante de recours aux accoucheuses traditionnelles. Comment l’implication des accoucheuses traditionnelles (AT) peut-elle permettre d’améliorer l’assistance à la grossesse et à l’accouchement en milieu rural au Mali? En quoi les savoirs et savoir-faire locaux sont-ils «valorisables» pour améliorer les statistiques désastreuses de la mortalité maternelle (464 pour 100 000 naissances vivantes selon l’Enquête Démographique et de Santé IV, mais plus du double pour l’UNICEF et l’OMS) dans notre pays? Ce sont les questions que se sont posées les responsables de l’ONG Aidemet qui ont mené, entre 1999 et 2008, des activités de suivi, référence et évacuation de femmes enceintes impliquant des AT dans trois régions (Koulikoro, Sikasso et Mopti). Un livre est né de ces expériences et vient d’être présenté dans les locaux de Point Sud, Muscler le savoir local.

L’accouchement c’est, dans nombre de nos langues nationales, la «guerre des femmes», muso kélè en bambara. Parce que chacun est conscient que c’est un moment de grand danger, tant pour la vie de la mère que pour celle de l’enfant à naître. Même dans les communes urbaines disposant de centres de santé de référence, communautaires ou même d’hôpitaux dotés de services spécialisés en gynécologie-obstétrique et en néonatalogie, il n’est pas rare d’apprendre qu’une jeune femme a perdu la vie en la donnant, à telle enseigne que dès qu’un tel décès est annoncé l’on demande si «c’est par suite de grossesse ou d’accident?».

Les activités ont été menées dans les Districts Sanitaires de Kolokani (Région de Koulikoro), Bandiagara (Région de Mopti) et Kadiolo (Région de Sikasso), avec l’appui de différents partenaires techniques et financiers, après la tenue d’ateliers d’information et d’organisation du travail des AT. L’objectif était de valoriser leurs connaissances et expériences en matière de prise en charge des accouchements au niveau des villages, pour les amener à s’occuper des accouchements normaux, en respectant les normes d’hygiène, et à identifier et à référer à temps les cas à risque. Au final, Aidemet a démontré que l’implication des AT avait facilité l’accès des femmes aux services de surveillance de la grossesse, d’assistance à l’accouchement et de suivi post-natal. Des actions spécifiques ont aussi été menées dans la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF), dont fait partie l’excision, largement pratiquée dans les régions ciblées, en les intégrant comme facteurs de risque de mortalité maternelle et infantile.

Selon la définition officielle de l’OMS, l’Accoucheuse Traditionnelle est "une personne qui est réputée dans son entourage pour aider les parturientes et dont la compétence provient d’un héritage familial ou de son apprentissage auprès d'autres accoucheuses traditionnelles". Au Mali, c’est souvent la mère ou une tante de l’AT qui a assuré sa formation. L’hypothèse de départ était que l’implication des AT pouvait faciliter l’accès des femmes au système de prise en charge moderne des urgences obstétricales. Il s’agissait donc de mettre en place, par une approche pragmatique et une implication éclairée et librement consentie, un mécanisme de détection rapide et de référence des cas critiques entre les systèmes traditionnel (AT) et moderne (Poste médical) de suivi de la grossesse et de prise en charge de l’accouchement. Un suivi par les agents de santé et des outils de collecte de données ont été également mis en place, qui a permis d’évaluer l’impact de l’implication des AT sur l’accès effectif des femmes au système de prise en charge des urgences obstétricales et aux services de surveillance de la grossesse, d’accouchement assisté, de suivi post-natal et de même de vaccination des enfants.

Au Mali, dans les années 80, des expériences de "recyclage" d’AT et de matrones villageoises ont été soutenues par l’OMS, l’UNICEF, le FNUAP et d’autres organismes de coopération. Elles n’ont pas eu l’impact escompté sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile, pour différentes raisons. D’abord à cause de la faible représentativité dans les villages des AT recyclées: souvent les vraies AT n’avaient pas été choisies. A leur place, d’autres femmes ont été formées, sans tenir compte des réalités socioculturelles (âge, nombre d’enfants, implication des autorités traditionnelles). De plus, la méthodologie de formation ne prenait pas toujours en compte les expériences et les compétences des AT et ne valorisait suffisamment leur rôle dans les villages.

L’apport d’Aidemet, dans cette recherche opérationnelle, a été de repenser le système traditionnel de prise en charge des accouchements, basé sur les AT, qui exerçaient depuis longtemps dans les villages et qui bénéficiaient de la confiance des communautés, en se basant sur l’appui des organisations de thérapeutes traditionnels, qui comprenaient les AT, commençaient à se structurer et étaient désormais, grâce à l’expérience du Département de Médecine Traditionnelle, assez ouvertes à la collaboration avec le système de santé moderne. Les expériences, les compétences et même les certitudes des uns et des autres ont été étudiées et valorisées, mais aussi mises en discussion. Il était nécessaire de prendre en compte le rôle très important joué par le système de croyances traditionnelles lors d’un épisode considéré comme autant naturel que mystérieux: la venue au monde d’un nouvel être. Il était important aussi de faire comprendre que le système moderne pouvait résoudre les cas critiques face auxquels le système traditionnel était impuissant.

Au final, force est de constater que l’expérience de chercheurs en médecine traditionnelle des responsables d’Aidemet leur a permis d’élaborer et de monter ce projet de mise en commun des ressources humaines traditionnelles et conventionnelles en matière de santé. Les sites choisis ont concerné des populations d’ethnies et de régions administratives différentes, mais le fait, tout simplement, de faciliter la communication interculturelle (car la médecine dite moderne et le système traditionnel de soins sont de cultures différentes) entre les acteurs a été le «Sésame, ouvre-toi» d’une collaboration réussie. Ainsi, pour toutes les rencontres et les formations, c’est la langue nationale la plus utilisée dans la zone qui a été choisie.

Désormais, en plus d’utiliser un lieu de travail propre, une trousse «d’accouchement propre» et d’avoir les mains propres, les AT savent éviter le tétanos néonatal et référer immédiatement aux structures sanitaires les plus proches les femmes à risque comme les multipares (plus de cinq accouchements); les primipares très jeunes; les femmes au bassin étroit; les femmes boiteuses; les femmes essoufflées ou très fatiguées; les femmes fébriles; les femmes qui ont mal à la tête et les jambes enflées; les anciennes opérées; les cas de saignements en début de travail ou après expulsion; l'antécédence d’un membre; le travail de plus de huit heures ou l'antécédence ou la non-expulsion du cordon ombilical. Sans heurter la sensibilité des communautés, ni demander pour leurs services plus que de coutume! A quand un programme national de ce type?

Ramata Diaouré

 

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida :

Mercredi, 10 Mars 2010 16:15

NOUVELLE LIBERATION : « Les téléphones portables pourraient être l'arme ultime pour combattre le sida en Afrique ». Notre compatriote, le directeur exécutif de l'Onusida, croit savoir que les téléphones portables pourraient être l'arme ultime pour combattre le sida sur un continent souffrant de centres de soins mal équipés et d'infrastructures souvent délabrées. Sa réflexion part d’un constat.

En effet, malgré la quantité de moyens qui y ont été déversés au fil des ans, l'Afrique sub-saharienne, demeure la zone la plus touchée par la maladie, avec 67% des personnes infectées par le virus dans le monde, indique-t-il dans une interview à l'AFP lors d'un récent déplacement au Nigeria. Face aux limites des différentes politiques, et des approches habituelles, Michel Sidibé préconise qu’on envisage une démarche locale, qui s'appuie sur des outils non conventionnels. Et avec une formation appropriée et outillée de téléphones portables, les villageois ou les communautés de quartiers pourraient devenir des acteurs du système de santé.

Comment appliquer cette initiative ?

Un grand opérateur de téléphonie mobile met ainsi en route un plan d'appels gratuits reliés à des spécialistes de santé qui pourront donner des conseils. L’initiative a l'avantage que l'on ne soit pas obligé de se déplacer vers un centre où on peut être stigmatisé. En plus d’une communication gratuite et une qualité de conseils qui peut vous aider à prendre une décision. L’Afrique pourrait ainsi tirer partie des nouvelles technologies numériques pour être plus en contact avec les gens en matière de santé, d’autant que selon Michel Sidibé, l'Afrique est un continent où le nombre de téléphones portables est l'un des plus élevé au monde. Et lui d’indiquer « Nous devons commencer à le mettre en place en Afrique. » Il faut noter que l’initiative est mise en route dans deux Etats nigérians, ceux de Kaduna, dans le nord et d'Ondo dans le sud-ouest, Michel était récemment en visite. Ces propos ont été recueillis par l’AFP.

Ahmed Tounakara



 

JOURNEES NATIONALES DE VACCINATION

Lundi, 08 Mars 2010 12:44

La 10è édition dédiée à Moribabougou

C’est le Président de la République, Amadou Toumani Touré, qui a administré les premières goûtes du vaccin des Campagnes nationales de lutte contre la poliomyélite le samedi 6 mars à Moribabougou. C’était en présence du directeur Régional Afrique de l’Organisation mondiale de la santé, Louis Gomès Sambo.

Cette 10è édition se tient simultanément dans 16 pays de l’Afrique de l’Ouest et 3 pays de l’Afrique Centrale les 6, 7, 8 et 9 de ce mois. Ces pays sont le Bénin, du Burkina Faso, du Cap Vert, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Libéria, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria, de la République Centrafricaine, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Tchad et du Togo.

Il s’agira par ces journées synchronisées de vaccination, de stopper la transmission du virus de la poliomyélite et sa propagation à l’intérieur des pays précités. Les présentes campagnes visent la vaccination de 4.530. 680 enfants maliens de moins de 5 ans, même ceux déjà vaccinés. Et la stratégie adoptée est le porte à porte, sur toute l’étendue du territoire national.

Au Mali, 6. 820.000 doses de vaccin ont été positionnées, 20.482 vaccinateurs et 2.424 superviseurs ont été déployés, ainsi que des consultants nationaux et internationaux. Pour ce premier passage, l’Etat et ses partenaires ont mobilisé environ 1 milliard 300 millions de francs CFA, essentiellement destinés à l’acquisition des vaccins et aux coûts opérationnels.

Le Président de la République, Amadou Toumani Touré, après avoir procédé à l’administration des premières doses, s’est réjoui de la tenue de la présente édition. Il a salué la présence du directeur de la région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé, Louis Gomès Sambo. Le chef de l’Etat se dit convaincu qu’à l’image du ver de Guinée, la poliomyélite peut-être aussi éradiquée.

Quant au ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré, il a exprimé ses sincères remerciements à l’endroit des partenaires desdites journées : le rotary international, l’UNICEF. Pour le ministre Touré, l’obtention par le Mali du certificat de pays libéré de la poliovirus sauvage autochtone en octobre 2008, à Windhoek en Namibie, illustre la performance de notre pays dans la mise en œuvre de l’initiative mondiale. Toutefois, soutient-il, le maintien de ce statut de pays libéré, constitue un véritable challenge. Surtout que la poliomyélite demeure une maladie invalidante, dont l’éradication nécessite l’implication de tous. C’est pour cela, explique le ministre, que la notification récente des cas de poliovirus sauvages importés dans les pays libérés de notre sous-région africaine, est un nouveau défi qu’il faut relever pour atteindre l’éradication totale de la poliomyélite.

Le représentant de Rotary international, Achèk Miandari, a expliqué que 85 millions d’enfants sont concernés par l’opération en Afrique. Il indiquera que la naissance du polio plus a permis de donner un coup d’accélérateur à la lutte contre cette maladie. Mais si cet effort n’est pas soutenu, prévient-il, 10 millions d’enfants peuvent être atteints en Afrique.

Quant à Louis Gomès Sambo il a salué l’effort du Mali dans la lutte pour l’éradication de la maladie d’ici 2011. Il trouve que le challenge est bel et bien possible.

Abdoulaye Diakité

 

 

Mise à jour le Lundi, 08 Mars 2010 14:39
 

O.I. Touré aux JNV 2010 contre la poliomyélite

Lundi, 08 Mars 2010 12:16

Un nouveau défi pour l’éradication totale de la polio au Mali"

 

Le Chef de l’Etat a procédé, le 6 mars 2010, au lancement officiel des Journées Nationales de Vaccination (JNV) contre la poliomyélite, à Moribabougou, dans la région de Koulikoro, en présence du Dr Luis Gomez Sambo, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique et de nombreux partenaires du Mali.

 

L’occasion était bonne pour le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, de revenir sur les succès enregistrés par notre pays dans son combat pour l’éradication de la poliomyélite, après ceux acquis dans la vaccination de routine des mères et des enfants de 0 à 5 ans.

Ainsi, le ministre Touré a rappelé que notre pays a obtenu le Certificat de «pays libéré du polio-virus sauvage autochtone» dès octobre 2008 à Windhoek, en Namibie, ce qui prouve à suffisance «la performance de notre pays dans la mise en œuvre de l’Initiative Mondiale d’Eradication de la Poliomyélite, lancée en mai 1988 lors de la 41e Assemblée Mondiale de la Santé».

Cette Initiative a, en effet, retenu la date du 30 juin 2010 comme butoir pour l’éradication de la poliomyélite en Afrique de l’Ouest, avec une rallonge jusqu’en 2011 pour le Nigéria, où l’on se rappelle que des obscurantistes s’étaient opposés à cette vaccination, sous le prétexte de sa dangerosité pour la fertilité future de leurs enfants, jetant ainsi à bas des années d’efforts.

La campagne 2010 de vaccination est menée de manière synchrone, en deux passages, dans 19 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, et concernera près de 85 millions d’enfants. Ce qui fera dire au Dr Luis Gomez Sambo, Directeur de l’OMS AFRO que «les facteurs-clés pour l’éradication de la poliomyélite sont le leadership, la mobilisation et la participation massive de toutes les couches de la population». Toutes choses qui n’ont pas manqué au Mali, dont il a célébré le succès, en soulignant le récent appel en ce sens lancé par ATT à ses homologues de l’UEMOA lors du dernier sommet de Bamako.

Les JNV 2010 contre la poliomyélite au Mali visent la vaccination de 4 530 680 enfants, même ceux déjà vaccinés, par une stratégie de porte à porte sur toute l’étendue du territoire. Pour ce faire, a déclaré le ministre Touré, ce sont 6 820 000 doses de vaccin qui ont été acquises et qui seront administrées par 20 482 vaccinateurs sous l’oeil vigilant de 2 424 superviseurs et des consultants nationaux et internationaux.

Le montant de la campagne, grâce aux contributions de l’Etat malien et de ses partenaires, aux premiers rangs desquels le Rotary Club International, l’UNICEF et l’OMS, est de 1 milliard 300 millions de francs CFA. Les autres pays africains concernés par l’Initiative la polio sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, la RCA, le Sénégal, la Sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Ramata Diaouré

 

 

Mise à jour le Lundi, 08 Mars 2010 14:34